domingo, noviembre 02, 2008

Euro

La crise financière connaît un gagnant incontestable, l'euro.

Sept ans après sa mise en circulation, la monnaie unique a permis aux Européens de résister ensemble dans la tourmente financière. Sans elle, le scénario était écrit : le Vieux Continent aurait retrouvé ses déchirements des années 1990, lorsque les marchés s'attaquaient aux économies les plus faibles, les faisant tomber les unes après les autres.
L'affaire aurait tourné à la grave crise politique, la Bundesbank et l'Allemagne ayant, seules, le pouvoir de voler au secours des partenaires de leur choix.

L'analyse n'est pas de pure conjecture.
Que l'on observe le sort réservé aux pays qui ne sont pas de la famille. Le petit Etat islandais a fait faillite. La Hongrie est sous perfusion du Fonds monétaire international et des institutions européennes. Pis, le Danemark, le vertueux modèle scandinave, dont la monnaie est indexée strictement sur l'euro, a dû appeler à son secours la Banque centrale européenne.
L'évidence s'impose : rester hors de l'euro coûte cher.

Nicolas Sarkozy appelait en début de sa présidence de l'Union à une Europe qui protège : l'euro l'a fait. Solidaires de fait, les Européens ont dû trouver, sous la houlette du président français, une solution commune.

Tout cela n'aurait pas été possible, non plus, sans la détermination du président de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet.
On vantait la souplesse de la Réserve fédérale américaine ? La BCE mettait en garde contre l'argent facile.
On invoque la défense du pouvoir d'achat ? L'inflation est l'ennemi des plus modestes.
Surtout, M. Trichet a pris dès le mois d'août 2007, la mesure de la crise. I
l n'a été contraint par aucun tabou, ayant pour objectif de sauver le système.
Après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, il a poussé, avec raison, les gouvernements européens à intervenir pour stopper la déferlante financière.
Des soubresauts sont encore possibles, mais l'Europe ne peut guère être mieux armée.

La crise devrait inciter les Français à mettre un terme définitif à leur procès – favori mais infondé – contre la Banque centrale européenne et la monnaie unique.
L'euro fut pendant deux décennies leur objectif politique majeur. Ils l'ont atteint. Ils ont toutes les raisons de s'en réjouir.
Enfin.



Manuel
#288

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