









Manuel
#851
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La jeune Sariah Gallego, lors d'une convention Star Wars (les commentaires sous la vidéo sont particulièrement éclairants), est sommée de choisir entre le bien et le mal.
Contre toute attente, Sariah hésite.
Et finalement, choisit de lier son destin avec celui de Darth Vader.
Que s’est-il passé pour qu’entre les deux trilogies Star Wars (La Guerre des étoiles en 1977, L'Empire contre-attaque en 1980 et Le Retour du Jedi en 1983, puis la seconde —La Menace fantôme en 1999, L'attaque des clones en 2002 et La Revanche des Sith en 2005), l'attrait des spectateurs se soit porté, comme le montre la vidéo de Sariah Gallego, vers le «dark side»?
En fait, un simple basculement logique.
La première trilogie Star Wars introduisait les Rebelles (parmi lesquels les Jedi, religieux représentant la Force —presque des moines) en lutte contre l'Empire (faction politique qui comptait dans ses rangs les Sith, représentant le côté obscur de ladite Force).
Les symboles du côté clair de la Force étaient des gens accessibles et amicaux, parfois cabotins, mais on le leur pardonnait.
Luke Skywalker (Mark Hamill), devant faire son éducation, était le personnage auquel le public jeune pouvait facilement s'identifier.
Obi Wan «Ben» Kenobi (Sir Alec Guinness) devint en quelques plans la figure du mentor, secondé dans le deuxième épisode (chronologiquement le 5) par Yoda, maître spirituel et détenteur des secrets de la Force.
Et Han Solo (Harrison Ford), le pirate au grand cœur, courageux et ironique.
En face sévissaient Dath Vader, au casque noir impénétrable, et l'Empereur, au visage déformé par l'utilisation à mauvais escient de la Force (comme le montreront les trois premiers épisodes).
Ce n’est pas forcément parce que les gentils étaient sympas et cools, les méchants méchants avec des sales gueules et qu’ils perdaient à la fin, que le fan se sentait proche des premiers. C’est parce que les gentils étaient plus attachants.
«Même Luke doit faire face à la musique du côté obscur et affronter les ténèbres représentées par le père absent et sa propre crainte de lui-même de se voir verser du côté obscur», ce qui le rend d'autant plus intéressant. Référence à la scène de l'Empire contre-attaque dans laquelle Luke voit (ou croit voir) Vador, dans la grotte sur Dagobah.
Que ce soit dans la première ou la seconde trilogie, le côté négatif, méchant ou «obscur» a toujours été plus intéressant, et il structure le récit. Les personnages l'incarnant sont contradictoires, ils sont transgressifs, et évoquent des désirs que l'on ne peut réaliser.
Nous en sommes, humainement, plus proches.
«Le côté vilain devient séduisant lorsqu'on représente des personnages "rogues", indépendants et solitaires, comme Boba Fett. Ils sont vilains par instinct de survie, c'est une nécessité. Un certain type de spectateur fan peut s'identifier à ce sentiment beaucoup plus facilement qu'en des Jedi et leurs sens du protocole aussi contraignant que lors d'une visite de la Reine d'Angleterre».
Dans la seconde trilogie, les personnages les plus intéressants ne sont justement plus du côté des gentils. Les Jedi, à côté des Sith, sont lisses et sans intérêt.
«Dans la série d'origine, les bons, c'étaient des “underdogs”, dans l'autre, une bande de fonctionnaires endoctrinés et sans but», bornés et sans volonté de connaître ou d’étudier ce qui se trame du côté obscur de la Force.
Seul Mace Windu laisse à un moment sa colère l'emporter, et «ouvre la porte à comprendre et expliquer l'inconnu, plutôt que simplement chercher à le combattre».
Lorsque les épisodes 4 et 5 préparent l'épisode 6, qui conte la rédemption d'un Sith grâce à ses enfants, la prélogie s'attarde sur la chute vers le côté obscur d'Anakin, peut-être plus précise dans le dessin animé The Clone Wars. Les Sith restent malgré tout les rebelles de cette prélogie, en face des Jedi engoncés dans leur démocratie qui ne mène à rien et leurs préceptes, incapables même de sauver Padmé Amidala.
Pour paraphraser Hamlet, «il y a quelque chose de pourri au royaume des Jedi».
Les jeunes spectateurs, qui s'identifiaient dans la trilogie à Luke ou Han Solo, s'identifient dans la prélogie au surdoué Anakin, qui deviendra Darth Vader.
Ils subissent en même temps que lui la déception du côté clair et le passage vers le côté obscur (surtout dans l'épisode 3), qui paraît plus intéressant et fouillé.
Les jeux vidéo ont produit «un effet boule de neige. […] Les joueurs ont pu incarner le côté obscur de la Force pour une première fois, et ont préféré les habiletés liées».
À titre d'exemple, le dernier jeu, prévu pour la fin 2011, permet d'incarner un inquisiteur Sith.
La prélogie conte finalement la quête d'un gamin chouineur et vengeur, certes considéré comme l'«élu», mais qui va laisser place à ses sentiments plutôt qu'à la raison (ou la religion).
D'où la chute d'Anakin, poussé par des mentors ayant failli, vers le côté obscur de la Force.
Il ne faut surtout pas voir dans ce basculement des fans un changement dans notre société qui serait devenue plus dure:
«L'attrait d'un public pour le “Côté obscur” peut également s'expliquer en invoquant la fascination et la curiosité millénaire qu'a toujours eu l'humain pour le chaos et le danger, le retour au chaos primordial avant le rétablissement de l'ordre cosmique. L'histoire de Star Wars évoque le temps où les Sith régnaient sur la Galaxie (il y a 2.000 ans) jusqu'au jour où les Jedi, représentants de "l'ordre cosmique" (l'ordre Jedi) éliminèrent l'emprise néfaste des Sith. C'était une période de chaos avant que l'univers se voie organisé et redevenir profane... Il s'agit d'un mythe des origines, ce qu'Éliade appellerait le cycle de l'éternel retour. Les films Star Wars racontent le retour du chaos primordial, un sacré sauvage et incontrôlable (le côté obscur).
Avec les Jedi, le sacré est domestiqué, réglé, géré et beaucoup moins dangereux que le côté obscur, imprévisible.»
«La société n'est pas devenue plus perverse. Les spectateurs du premier Star Wars ont vieilli: il leur faut des objets de plus en plus complexes, questionnant l'éthique».
L’accent est donc mis sur Anakin dans la prélogie.
Tout est fait pour qu'il soit au centre de l'histoire :
«La trilogie était beaucoup plus centrée sur les personnages et leur relation fraternelle ambigüe (Luke, Leia et Han Solo), et présente donc un aspect plus humaniste que la dernière trilogie, qui avait à la fois la prétention d'amuser une nouvelle génération d'enfants, de garder les fans de la première heure, et d'y ajouter un commentaire politique absent de la première trilogie (“If you're not with me, you're my enemy”, dit Anakin à Obi-Wan dans La Revanche des Sith, clin d'oeil à l'administration Bush).»
Grâce à la seconde trilogie,
les fans ont compris qu’ils ne vivaient plus dans un monde de bisounours.

A priori, j’étais plutôt partant, mais l’interview ne s’est jamais faite.
Il aurait été particulièrement difficile d’organiser la rencontre; et puis, franchement, le sujet ne m’intéressait plus vraiment. Je me suis soudain rendu compte que le fan de Star Wars que j’étais avait traversé les 5 étapes du deuil.
Mon univers de science-fiction favori (qui fut l’une des principales raisons pour lesquelles je n’ai jamais embrassé une seule fille avant d’arriver à la fac) avait cessé de vivre —et je l’acceptais.
Le documentaire a été présenté en avant-première au festival South by Southwest de l'an dernier, et je suis allé le voir début mai, à New York, lors d'une sortie en salle limitée.
Les interviews des fans m'ont permis de revivre les cinq étapes du deuil —version Star Wars.
La première (le déni) est survenue après la projection de La Menace fantôme, en 1999.
Le film était mauvais, et je n'arrivais pas à me faire à cette idée. Je suis allé le voir une demi-douzaine de fois. J'y ai même emmené une fille. Dans mon entourage, tout le monde trouvait le film lamentable —à raison. Qui-Gon était un vieux schnock, Anakin était un sale gosse, et dire que jar Jar Binks est le personnage le moins drôle que la terre ait jamais connu —de la Préhistoire à nos jours— serait un euphémisme.
Même les duels au sabre laser étaient devenus assommants; un comble.
«Mais George Lucas voulait juste planter le décor, disais-je alors pour défendre le film. Ce film est très différent de la trilogie originale»;
«Vous devriez vraiment redécouvrir l'enfant qui est en vous»;
ou encore «C'est un film très fin, très politique».
Je ne souviens plus vraiment de mes arguments d'alors —tout ce que je sais, c'est que j'avais tort.
Puis vint la colère. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier.
C'est en me réveillant, un matin, aux côtés de ma petite amie de l'époque, que la vérité m'est apparue.
Je n'aimais aucun de ces personnages. Le scénario était tiré par les cheveux. Aucune réplique, aucune scène n'était mémorable.
En somme, je détestais ce film.
Ma copine a ainsi découvert que j'éprouvais de la haine pour un gamin tout ce qu'il y a de plus fictif, et que c'était la première chose qui m'était passée par la tête en m'éveillant à ses côtés.
Elle n'était pas enchantée, mais je n'en avais cure. J'étais en rogne.
Toutes ces heures passées à étudier l'univers de Star Wars, à en explorer les moindres détails, gâchées!
Comment George Lucas avait-il pu réduire tous mes efforts à néant?
Pris d'un espoir stupide, j'ai tout de même attendu la sortie de l'épisode 2.
Ils disaient que ce serait l'équivalent de L'Empire contre-attaque: un deuxième volet de plus grande envergure, plus sombre, plus complexe.
On y verrait moins d'enfants (et moins d'audiences du Sénat).
Et une fois de plus, la déception fut au rendez-vous.
Lorsque La Revanche des Sith est sorti en salles, je suis allé le voir dans l'unique but d'expliquer à un ami (le seul qui appréciait ces préquelles) à quel point il était imbécile.
À ce stade, même l'ancienne trilogie avait été polluée par la nouvelle.
Troisième étape: la négociation.
Elle est très présente dans The People vs. George Lucas.
On y voit de nombreux fans se poser ces éternelles questions philosophiques: «Après tout, à qui appartient l'art?», ou «Moralement parlant, Lucas a-t-il le droit de modifier ses propres films?».
J'ai déjà lancé ce type de débats; en général, ils finissent tous par dégénérer en dispute au sujet de la scène de la Cantina, pour savoir si Han Solo avait bel et bien tiré le premier.
Ces dernières années, j'ai négocié à ma manière, en tentant de trouver une nouvelle série de science-fiction susceptible de me passionner (histoire de gâcher un peu plus encore ma vie).
J'ai commencé par le choix le plus évident, Star Trek.
J'ai regardé l'ensemble de la série originale, The Next Generation et Deep Space 9; elles m'ont bien plu, mais ce n'était pas la même chose. Certes, il est toujours amusant de voir une bande de types tirer sur des anomalies spatiales à coup de faisceaux de tachyons, et vivre des aventures clairement inspirées de questions sociétales —mais honnêtement, ça ne vaut pas Star Wars.
J'ai embrayé sur les Doctor Who des années 1970; là encore, la tentative n'a pas été concluante.
J'adore l'énergie frénétique et le sourire tout en dents de Tom Baker, mais ces épisodes ont mal vieilli. Très mal vieilli. C'était sans doute très bien à l'époque (et à choisir, je préfèrerai toujours Doctor Who à Kojak), mais le rythme glacial et les effets spéciaux bancals ont fini par me taper sur le système.
J'ai bien aimé Lost, mais les dernières saisons ont gâché l'ensemble de la série.
J'ai même fini par regarder les dessins animés Pokémon —qu'on ne peut pas franchement qualifier de série de science-fiction.
Rien n'y a fait; je n'ai pas pu combler le vide.
À son âge d'or, Star Wars donnait l'impression d'être plus qu'une simple série de longs métrages. Les personnages de la saga avaient une belle épaisseur, pour reprendre une expression de Mike Leigh: lorsqu'un personnage secondaire quittait l'écran (l'amiral Ackbar, par exemple), on pouvait parfaitement l'imaginer en train de vivre sa propre aventure parallèle.
Seule la trilogie originale m'a fait cet effet.
Pour ce qui est de la quatrième étape, la dépression, inutile de vous faire un dessin: il vous suffit d'imaginer un homme de 30 ans en train de regarder 150 épisodes de Pokémon.
Puis vint la cinquième, et dernière: l'acceptation.
Dans mon cas, ce fut plutôt de l'indifférence.
Un dessin animé Star Wars (The Clone Wars) est sorti en 2008. Il y a quelques années, j'aurais été le premier à faire la queue devant mon cinéma pour l'avant-première nocturne. Je ne suis même pas allé le voir. Je suis tombé dessus plus tard, sur une chaîne du câble. Je ne me souviens plus très bien du scénario; je l'ai regardé d'un œil, en faisant le ménage. Notre époque est sans doute la plus riche en contenu Star Wars, mais tout cela ne me fait ni chaud ni froid.
Enfin, il y a tout de même une exception.
Il y a quelques mois, j'ai acheté le jeu Star Wars : Cantina, pour mon iPod Touch.
Ce n'est guère plus qu'un Tapper ou qu'un Diner Dash à la sauce Star Wars, mais j'ai plutôt accroché. Servir des verres dans une galaxie lointaine, très lointaine: voilà bien dix ans que la saga ne m'avait pas apporté un tel plaisir.
En voyant les oncles Owen et les Greedos déambuler dans mon petit bar, je me suis souvenu de ce que j'avais aimé dans Star Wars; cet univers si vaste, où l'on pouvait faire mille rencontres passionnantes et vivre d'innombrables aventures.
Une fois le jeu fini, je l'ai effacé de mon iPod.
On ne plaisante pas avec la désintoxication.
Will Carlough
se plaint des mauvais films et d'autres choses sur son blog diogenesclub.net.

Cette phrase à propos de la politique entre en conflit avec une autre constatation: «L’argent s’est mondialisé.»
A l’heure d’Internet, il suffit d’appuyer sur une touche de clavier d’ordinateur pour investir ou dépenser, en quelques minutes, une somme d’argent dans à peu près n’importe quel pays.
Les chiffres sont astronomiques: le marché international des devises est aujourd’hui huit fois plus important qu’il y a à peine vingt ans. Les montants destinés à l’achat de sociétés et d’actifs physiques dans un autre pays (en d’autres termes, les «investissements étrangers directs») ont été multiplié par quatre, les pays pauvres ayant enregistré les augmentations les plus rapides.
Cette explosion de la circulation planétaire de l’argent est à double tranchant.
Elle a créé en abondance de nouvelles sources de financements et d’emplois, si bien que des pays comme la Chine (qui a attiré des investissements d’une valeur totale de 185 milliards de dollars en 2010) ou le Brésil (48 milliards) n’auraient pas pu –en l’absence de ces investissements étrangers– arracher un si grand nombre d’individus à la pauvreté, comme ils l’ont fait ces dix dernières années.
Seulement voilà, l’argent est lâche, impitoyable et volatil.
Comme on peut le constater à l’heure actuelle en Europe, les investisseurs peuvent prendre peur et fuir aussi vite qu’ils sont venus, laissant des pays basculer dans la précarité. En parallèle, certains spéculateurs surfent sur la crise et contribuent à la déstabilisation d’économies et de gouvernements. Cependant, ces spéculateurs ne sont pas à l’origine de la crise, ils en profitent lorsque les gouvernements laissent leur économie devenir vulnérable.
Mais alors que la finance est mondiale et la politique locale, le commerce international, lui, s’opère au niveau régional. C’est peut-être surprenant, mais la mondialisation ne touche pas (encore) les échanges de produits manufacturés. Les volumes d’importation et d’exportation de produits industriels sont bien supérieurs au sein d’une même région qu’entre des pays non voisins. Exception faite des matières premières ou des produits de première nécessité (pétrole, fer, riz, etc.), les statistiques montrent que les Européens ou les Asiatiques commercent davantage entre eux qu’avec d’autres régions. Il en va de même pour les Américains.
Or l’exportation de produits manufacturés constitue une importante source d’emplois parmi les mieux rémunérés.
Et comme on le sait, la main d’œuvre est plus ou moins immobile.
Les travailleurs immigrés ne représentent que 3 petits pour cent de l’humanité. Et il est clair que les impacts de la mondialisation sur l’emploi se manifestent au niveau du commerce (lorsque des produits locaux sont plus chers que ceux importés) ou des investissements étrangers (lorsqu’une usine se délocalise vers un pays où la main d’œuvre est moins cher).
Rien n’a plus d’impact concret sur la politique locale que le chômage. Des millions de chômeurs.
A la lumière des événements récents en Europe, on peut en conclure que le cocktail «politique locale-argent mondial» est explosif.
Quand on y ajoute le commerce régional et l’emploi peu mobile, les effets sont encore pires. Regrettablement, nous n’avons pas encore trouvé d’antidote. Protéger les économies des va-et-vient de l’argent mondial serait tentant, et il existe certainement des mesures pour diminuer ces flux financiers. Mais la tâche est difficile, coûteuse et peut facilement amener à prendre des décisions en apparence appropriées mais en réalité préjudiciables.
«Mondialiser» davantage la politique, en la rendant moins locale, est également un projet aussi intéressant que complexe.
Il est certain que les responsables politiques doivent s’efforcer de mieux expliquer à leurs électeurs que ce qui se passe en dehors des seules frontières de leur pays –ou de leur ville– influe sur leur situation personnelle. En Europe, ce travail de sensibilisation est devenu plus aisé.
Car pour des millions de citoyens européens, cette crise a été un angoissant cours accéléré sur les liens étroits qui existent entre le «là-bas, chez eux» et le «ici, chez nous».
En dépit de tous ces dysfonctionnements, nous n’avons pas le choix: il faut mondialiser davantage la politique locale et localiser la finance internationale.
Moisés Naím
Traduit par Micha Cziffra

Quoi qu’il en soit, il est évident qu’à travers les dysfonctionnements mécaniques, Asimov pose des questions sur la condition humaine.
L’homme face à la logique, face aux sentiments, face à lui-même…
Les questions discrètement posées au lecteur sont nombreuses et poussent à s’interroger sur soi-même.
Le recueil de nouvelles de Isaac Asimov est au final simple sur la forme, autant par sa narration que par son style littéraire très factuel, mais incroyablement riche sur le fond. Riche d’évènement, d’histoires, de personnages (robots y compris) et de réflexions à développer soi-même. Seule petite ombre au tableau, le manque d’atmosphère et d’ambiance, résultat du style factuel.
En fin de compte, cette oeuvre mérite son statut de classique de la science-fiction et est à lire (relire...) de toute urgence.

It shows how reconstructing the course of an outbreak can provide crucial clues, such as how many people an infected person can give a virus to, how many of them get sick, and how many of them die.
Experts praises the depiction of science in the film, stating "Typically when movies take on science, they tend to sacrifice the science in favor of drama. That wasn't true here."
The usage of concepts like R0 and fomites, as well as the fictional strain's origins, are examples of science well illustrated in the film.










Pour ceux à qui ils ont toujours paru vagues et obscurs, ou simplement pour les férus de philosophie, le site Fastcodesign, propose une jolie infographie qui tente de les résumer grâce à des dessins simples et esthétiques.
Avec un graphisme très minimaliste il réalise l’exploit de mettre en forme et en couleur ce qu’il y a de plus abstrait: des concepts de philosophie.
L’encyclopédie de philosophie de Stanford utilise pas moins de 28.250 mots pour esquisser une définition du relativisme;
il a fallu 32 mots et une seule image à Genis Carreras, graphiste à Londres et créateur de cette infographie: créer «un nouveau langage pour aborder visuellement la philosophie, afin de la rendre plus accessible et attirante».
Le style minimaliste «pousse les gens à compléter le concept représenté par chaque poster, permettant ainsi différentes interprétations tout en donnant une idée globale de ce qu’est la théorie».



Hier je suis allée voir Tintin, en amatrice absolue de la bande-dessinée d’Hergé.
Je ne vais pas vous faire une longue critique, il y en a déjà eu des dizaines.
De «j’aime pas» à «à la folie», elles égrènent tous les pétales d’une marguerite.
En toute honnêteté je suis restée un peu sur ma faim -moi aussi!-, malgré le fait que le Karaboudjan soit mis à l’honneur.
C’est un aimable divertissement, les acteurs, notamment Haddock, sont attachants et le début, qui nous plonge vraiment dans l’univers du héros d’Hergé, est envoûtant.
Mais, d’un autre côté, l’accumulation d’explosions et de cascades invraisemblables donnent souvent l’impression d’être plus dans un dessin animé adapté d’Indiana Jones que de Tintin.
Et justement, le public ciblé n’est sans doute pas le bon: dans ma salle il n’y avait que des vingtenaires, alors que c’est définitivement un film à aller voir avec ses gamins.
Je me suis d’ailleurs plusieurs fois demandée: l’aurais-je plus apprécié si je ne connaissais pas du tout la BD?
Sans doute, et c’est pourquoi je ne suis pas trop inquiète pour son succès aux Etats-Unis.
Une chose est sûre c’est bien un film de Spielberg que j’ai vu hier soir plus qu’une adaptation fidèle de Tintin (pour cela, il y a l’excellente série de dessins animées sortie en 1992).
Le réalisateur américain a véritablement imprimé sa patte au film, tout comme il le fera pour les 7 boules de Cristal et le Temple du Soleil qu’il a d’ores-et-déjà prévu d’adapter.
Mais pour les autres albums, on ne pourrait pas trouver d’autres metteurs en scène, qui imprimeraient eux-aussi leur marque de fabrique ?
Voici une petite liste fantasmée des réalisateurs que je voudrais pour adapter certains albums de Tintin:
Deux pays qui s’affrontent et rejouent en miniature la Guerre Froide, voilà une mission toute trouvée pour Georges Clooney qui s’est fait une spécialité, depuis quelques années, de faire des films sérieux et politiques. Et comme il possède une vision “européenne” du bien et du mal, sans doute montrera-t-il la Bordurie moins méchante que la manière dont Hergé la caricature.
Après tout, le spectateur connaît souvent ses James Bond sur le bout du pistolet et sait que l’exfiltration plus ou moins forcée de scientifiques du camp adverse fait complètement partie du jeu.
Face à cette realpolitik, Tintin paraîtra naïf et un peu dépassé mais, en s’enfonçant dans la nuit noire bordure, on ne pourra s’empêcher de lui souhaiter, «Good Night, and Good Luck».
Pour retranscrire un des albums les plus politiques de la série, ne cherchez plus, il faut Costa-Gavras. Coke en Stock ressemble à une compilation des thèmes de prédilection du réalisateur.
Il ferait de la traite négrière en Mer Rouge une évocation de l’immigration clandestine comme dans Eden à l’Ouest. Les conflits entre Ben Kalish Ezab et Bab El Ehr lui permettraient de faire une charge contre le régimes autoritaires, comme il l’avait fait sur le régime des colonels en Grèce dans Z ou à propos de l’Amérique du Sud dans Etat de Siège.
Sans oublier, bien-sûr, de souligner le rôle de l’Occident dans le soutien à ces dictatures.
Et l’unique cordeau des trompettes marines qui résonnent à travers l’étendue glacée de l’Himalaya, remontant les sommets enneigées – plan séquence – pour s’attarder sur un petit homme dans le froid – plan serré sur le visage de Tchang. Il a peur, le saviez-vous ?
Plan resseré sur ses yeux. Soudain ! Le Yéti. Plan en contre plongée, musique classique.
Tintin, où es-tu? La nature, l’homme, le bruit du vent dans la neige, le rapport au monde, l’infiniment petit face au grand sublime.
Tintin au Tibet transformé en grand film métaphysique auquel on ne comprendrait pas tout.
Car tout est Terrence qui lui même est dans Malick. Ou l’inverse.
Si Claude Chabrol n’avait pas cassé sa pipe l’an dernier, le film lui serait revenu de droit.
Mais François Ozon fait un très bon substitut pour filmer, à la 8 Femmes, ce huis-clos bourgeois que sont les Bijoux. Dans un Moulinsart claustro, les personnages navigueraient entre mensonges et faux-semblants, et la recherche de l’insaisissable voleur serait l’occasion de passer au révélateur les faiblesses non-avouables de chacun.
Un profond malaise ressortirait de ce long-métrage feutré.
Une ville pourrie, une jungle qui gratte, des révolutionnaires en cotillons et des carnavaliers alcooliques, des tirs stupides et des procès arbitraires, Tintin et les Picaros et l’album idéal pour Tarantino et Rodriguez.
Avec un Séraphin Lampion en serial killer à chemise à fleurs et sarbacane en carton, et une Castafiore qui violerait les gardiens de prison, le général Tapioca n’a qu’à bien se tenir.
Tout cela avec une BO complètement folle, mélange d’opéra rock et de samba chocolat.