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miércoles, febrero 01, 2012

Homo Europeanus

English / Français


En France je me sens occitan, en Europe et ailleurs dans le monde, je me sens européen.

*

Combien de français savent que Charlemagne parlait une langue germanique?
Peu, je présume. 90% doivent être persuadés qu'il parlait une langue latine.

**

La multiplicité des langues?
Voilà un argument bien british, encore un brin impérialiste.
Pourquoi toujours vouloir niveler, formater?
Pourquoi ne pouvons nous pas vivre dans un état fédéral avec nos différences?
Les suisses réussissent bien avec trois langues et une multitudes de dialectes.

***

Si on avait dit aux divers Ducs de Bourgogne, de Bretagne et autres, durant la période médiévale, que la France serait (une République) une et indivisible, ça les aurait bien fait rire.

****


C'est quoi un Européen ?


Cette question, que m’a posée l’un de mes étudiants, aurait dû être facile pour moi.
Après tout, je suis né au Pays de Galles et j’ai vécu en Europe continentale –à Oslo, Prague et Bruxelles– la plus grande partie de ces 25 dernières années.
J’ai voyagé dans tous les pays de l’UE sauf Malte.
Je parle plusieurs langues européennes et j’ai étudié l’histoire et la politique européennes à l’université.
J’ai travaillé à la Commission européenne et au Parlement européen.

Mes meilleurs amis sont néerlandais, allemands, slovaques et suédois.
Ma compagne est française et mes enfants sont bilingues.
Contrairement à certains présidents américains, je connais la différence entre Slovénie et Slovaquie.
Si quelqu’un doit être européen, ou, au moins devrait savoir ce qu’est un Européen, c’est bien moi.
Ce qui ne m’a pas empêché de balbutier et de cafouiller en cherchant une réponse.
Liberté, démocratie, droits de l’homme, Etat de droit: j’ai brodé un moment sur les valeurs européennes, sans parvenir à convaincre ni moi-même ni ma classe.

La Marmite, la marmelade, le cricket, la bière chaude, le snooker, les fléchettes, les silences embarrassés, les bruyères détrempées, les trains lents, les visages terreux - ça, c'est la Grande-Bretagne. C'est ce à quoi je peux m'identifier. C'est ce qui fait qui je suis.
La plage d'Ostende, les escargots, l'anguille, le roi Albert II, les rideaux en dentelle, les bises entre hommes, les nains de jardin, les 55% d'impôts, les courses de pigeons, le pain d'épices - ça c'est la Belgique. Je ne peux m'identifier à tout cela.

Ma fille de 8 ans, qui m'a dit une fois qu'elle était «moitié belge, moitié française et moitié galloise», sera peut-être l'une des premières représentantes de la Génération E.


What is a European ?

The question from one of my students should have been easy enough for me to answer.
After all, I was born in Wales and have lived in continental Europe -- Oslo, Prague, and Brussels -- for most of the last 25 years. I've traveled to every EU country except Malta.
I speak a handful of European languages and studied European history and politics at university.
I have worked in the European Commission and European Parliament.
My best friends are Dutch, German, Slovak, and Swedish.
My partner is French, and my children are bilingual. Unlike some recent U.S. presidents, I know the difference between Slovenia and Slovakia.
If anyone should be European, or at least know what constitutes one, I should.

Yet I found myself stuttering and stammering as I searched for an answer.
I waffled for a bit about European values -- freedom, democracy, human rights, the rule of law -- but didn't convince myself, let alone the class.

Marmite marmalade, cricket, warm beer, snooker, darts, embarrassed silences, sodden moors, slow trains, pasty faces -- that is Britain. That I can relate to. That made me who I am.
Ostend beach, snails, eels, King Albert II, lace curtains, kissing men's cheeks, garden gnomes, 55 percent taxation, racing pigeons, gingerbread biscuits -- that is Belgium. That I can't relate to.

Maybe my 8-year-old daughter -- who once declared she was "half-Belgian, half-French, and half-Welsh" -- will be one of the first members of Generation E.

The Myth of Europe
Gareth Harding


*****

In 1948 at the Congress of Europe, Winston Churchill said :

''We hope to see a Europe where men of every country will think of being a European as of
belonging to their native land, and . . . wherever they go in this wide domain . . .
will truly feel
'Here I am at home.''



What is a European ?
by A. S. Byatt, The New-York Times


Manuel
#903

miércoles, noviembre 16, 2011

Argent mondial vs politique locale


La crise de la zone euro est la plus récente et tumultueuse manifestation du choc entre deux importantes tendances de notre époque. L’une très ancienne, et l’autre on ne peut plus nouvelle.
La première: la politique est définie par des intérêts et des passions locales; la seconde: la finance s’est mondialisée. Ce conflit secoue l’économie et la politique du Vieux continent, mais ses effets se font également sentir au niveau d’autres régions et pays.


«La politique est toujours locale.»

Cette citation célèbre est tout à fait juste, car le succès d’un responsable politique dépend de sa capacité à cerner les intérêts et préoccupations les plus concrètes de ses électeurs et de leur promettre des solutions à leurs problèmes quotidiens. Ce sont ces problèmes de dimension locale, voire personnelle, et non les grandes idées intangibles, qui importent au plus grand nombre. Rares sont ceux qui pensent au-delà de leurs frontières au moment d’aller aux urnes ou de choisir la personnalité/le parti/la cause politique qu’ils soutiendront.

Cette phrase à propos de la politique entre en conflit avec une autre constatation: «L’argent s’est mondialisé.»
A l’heure d’Internet, il suffit d’appuyer sur une touche de clavier d’ordinateur pour investir ou dépenser, en quelques minutes, une somme d’argent dans à peu près n’importe quel pays.

Les chiffres sont astronomiques: le marché international des devises est aujourd’hui huit fois plus important qu’il y a à peine vingt ans. Les montants destinés à l’achat de sociétés et d’actifs physiques dans un autre pays (en d’autres termes, les «investissements étrangers directs») ont été multiplié par quatre, les pays pauvres ayant enregistré les augmentations les plus rapides.

Cette explosion de la circulation planétaire de l’argent est à double tranchant.
Elle a créé en abondance de nouvelles sources de financements et d’emplois, si bien que des pays comme la Chine (qui a attiré des investissements d’une valeur totale de 185 milliards de dollars en 2010) ou le Brésil (48 milliards) n’auraient pas pu –en l’absence de ces investissements étrangers– arracher un si grand nombre d’individus à la pauvreté, comme ils l’ont fait ces dix dernières années.

Seulement voilà, l’argent est lâche, impitoyable et volatil.
Comme on peut le constater à l’heure actuelle en Europe, les investisseurs peuvent prendre peur et fuir aussi vite qu’ils sont venus, laissant des pays basculer dans la précarité. En parallèle, certains spéculateurs surfent sur la crise et contribuent à la déstabilisation d’économies et de gouvernements. Cependant, ces spéculateurs ne sont pas à l’origine de la crise, ils en profitent lorsque les gouvernements laissent leur économie devenir vulnérable.

Mais alors que la finance est mondiale et la politique locale, le commerce international, lui, s’opère au niveau régional. C’est peut-être surprenant, mais la mondialisation ne touche pas (encore) les échanges de produits manufacturés. Les volumes d’importation et d’exportation de produits industriels sont bien supérieurs au sein d’une même région qu’entre des pays non voisins. Exception faite des matières premières ou des produits de première nécessité (pétrole, fer, riz, etc.), les statistiques montrent que les Européens ou les Asiatiques commercent davantage entre eux qu’avec d’autres régions. Il en va de même pour les Américains.
Or l’exportation de produits manufacturés constitue une importante source d’emplois parmi les mieux rémunérés.

Et comme on le sait, la main d’œuvre est plus ou moins immobile.
Les travailleurs immigrés ne représentent que 3 petits pour cent de l’humanité. Et il est clair que les impacts de la mondialisation sur l’emploi se manifestent au niveau du commerce (lorsque des produits locaux sont plus chers que ceux importés) ou des investissements étrangers (lorsqu’une usine se délocalise vers un pays où la main d’œuvre est moins cher).
Rien n’a plus d’impact concret sur la politique locale que le chômage. Des millions de chômeurs.

A la lumière des événements récents en Europe, on peut en conclure que le cocktail «politique locale-argent mondial» est explosif.
Quand on y ajoute le commerce régional et l’emploi peu mobile, les effets sont encore pires. Regrettablement, nous n’avons pas encore trouvé d’antidote. Protéger les économies des va-et-vient de l’argent mondial serait tentant, et il existe certainement des mesures pour diminuer ces flux financiers. Mais la tâche est difficile, coûteuse et peut facilement amener à prendre des décisions en apparence appropriées mais en réalité préjudiciables.
«Mondialiser» davantage la politique, en la rendant moins locale, est également un projet aussi intéressant que complexe.

Il est certain que les responsables politiques doivent s’efforcer de mieux expliquer à leurs électeurs que ce qui se passe en dehors des seules frontières de leur pays –ou de leur ville– influe sur leur situation personnelle. En Europe, ce travail de sensibilisation est devenu plus aisé.
Car pour des millions de citoyens européens, cette crise a été un angoissant cours accéléré sur les liens étroits qui existent entre le «là-bas, chez eux» et le «ici, chez nous».

En dépit de tous ces dysfonctionnements, nous n’avons pas le choix: il faut mondialiser davantage la politique locale et localiser la finance internationale.

Est-ce compliqué? Extrêmement.
Indispensable? Aussi.

Moisés Naím
Traduit par Micha Cziffra


Manuel
#848

domingo, junio 13, 2010

Los 25 gloriosos

Los franceses suelen referirse con nostalgia a los Trente Glorieuses, las tres décadas transcurridas entre 1945, al final de la II Guerra Mundial, y 1973, justo antes del choque petrolífero. Una larga etapa de crecimiento económico y bienestar recordada con orgullo.
España, sin darse cuenta ni valorarlo apenas, celebra precisamente hoy sus 25 años gloriosos, el cuarto de siglo dorado que comenzó en la tarde del 12 de junio de 1985 con la firma, en el Salón de Columnas del Palacio de Oriente, de nuestra plena integración en las entonces llamadas Comunidades Europeas. Horas antes, en Lisboa, los portugueses firmaban el acta que les acogía en Europa. Esta efemérides, que merece ser recordada con orgullo, nos pilla inmersos en una crisis de la moneda y del proyecto europeo en la que aparecemos, a pesar nuestro, como protagonistas estelares.

España apura sus últimas semanas de la presidencia rotatoria de la Unión Europea.
Tenía razón el alto cargo de Exteriores que hace meses pronosticaba: "Esto va a ser un calvario".
Nos correspondió en el peor momento posible: con la economía en caída libre, récord de paro, con un Gobierno falto de liderazgo y una crisis política que ya asomaba doblando la económica.
No podíamos dar lecciones a ninguno de nuestros socios europeos.
Nuestro peso internacional, en directa relación con el económico, era mínimo.

Solo hace seis meses se celebraba que, tras una década perdida, Europa contaba con una nueva arquitectura institucional, el Tratado de Lisboa. También estrenábamos nuevos líderes, los que quisieron Alemania y Francia para no hacer sombra a su eje hoy gripado. Medio año después está claro que debimos escoger mejor. Se hablaba del euro como moneda de reserva en progresiva sustitución del dólar: hoy parece el sueño de una noche de verano.
Europa es el enfermo de la economía mundial, el continente donde ha explotado finalmente la crisis financiera generada en Estados Unidos.

Pero pongamos las cosas en un contexto más amplio.
Celebremos hoy los 25 años de España en Europa, los mejores de nuestra historia contemporánea. Multiplicamos por siete la renta per cápita y, gracias a las generosas transferencias europeas, fundamentalmente alemanas, modernizamos nuestras infraestructuras convirtiéndonos en un país en el que era difícil soñar hace un cuarto de siglo.

Integrado en un proyecto supranacional, con todas las consecuencias, es absurdo creer que somos un protectorado, ni que España esté intervenida.
Hace 25 años hicimos una feliz cesión de soberanía económica, monetaria, social y política.
Ocurre que no acabamos de superar el debate nacional y seguimos viendo el mundo desde nuestro pequeño campanario.
La Unión Europea es un club afectado por el comportamiento particular de sus miembros, lo que explica la vigilancia mutua de los pasos que da cada país. Y hoy es Alemania, por su peso económico y demográfico, quien pone más dinero y quien manda. Alemania siempre ha pagado, pero también ha sido el gran ganador en Europa. Resulta paradójico que el campeón de la moneda fuerte sea el más beneficiado por la devaluación del euro.
Las ventas a Estados Unidos de Mercedes Benz se han incrementado en un 25%.

La canciller Angela Merkel, convertida en la estricta gobernanta de Europa, da ejemplo e impone su cultura de la austeridad. Berlín, con su genética aversión a la deuda y a los déficits, marca el paso en su pretensión de que todos seamos alemanes y adoptemos el principio de la estabilidad.
El crecimiento puede esperar y Alemania se cubre las espaldas como potencia exportadora.
Es el triunfo del capitalismo renano, protestante, frente al católico mediterráneo que gastó en exceso y no supo atesorar para el invierno. "Si añadimos austeridad a austeridad, entraremos en recesión", advierte el presidente francés, Nicolas Sarkozy, enfrentado a Merkel en un intento de imponer un gobierno económico de Europa.

Europa ya no es el centro del mundo.
"Si el modelo europeo no se adapta a la situación del siglo XXI, morirá lentamente", advierte Felipe González. Si no reaccionamos podríamos convertirnos en un parque temático de viejos, museos y catedrales.
Falta un relato europeo que llegue a la ciudadanía. Europa no tiene quien le escriba.
El relato nos lo están escribiendo los mercados, los especuladores financieros pulsando órdenes en las pantallas de los ordenadores.
Hay que contar el porqué de la necesidad de más Europa y cómo esta crisis justifica el modelo europeo de Estado providencia, legítimo árbitro de las reglas económicas, frente a un capitalismo desbordado de casino.
El politólogo francés Pierre Hassner lo explica muy bien en Le Point :

"Debemos de ser los griegos del Imperio romano
y vender al resto del mundo nuestro modelo".


FRANCISCO G. BASTERRA
12/06/2010


Manuel
#601

domingo, mayo 30, 2010

La Europa real

Al final habrá que concluir que la única Europa seria y realmente existente es la de Eurovisión.
Una Europa pop, de vertiginosos zooms y giros de cámara, trajes de lentejuelas que hoy son leds y melodías de hoy que son las de ayer, y las de siempre, impertérritas.
Una Europa de geometría tan variable como imaginativa: si un foro reúne a Islandia y Chipre, Bielorrusia y Bosnia-Herzegovina, Albania e Irlanda, Azerbaiyán y Moldavia, no lo dude ni un minuto, esto es Eurovisión.

Se trata en efecto del único patrimonio cultural verdaderamente común que hoy puede exhibir el Viejo Continente.
No hay más que darse una vuelta por los foros de Internet para hacerse una idea del enorme know-how acumulado, territorio abonado para el vaticinio con causa como el del gran José Luis Uribarri. Todo esto es muy serio.
Como lo son las apuestas, que echaban humo en la Red estos días: Daniel Diges, de ganar, se hubiera pagado 161 a 1.
En su sondeo, basado en las visitas a páginas relacionadas con el evento, Google daba por ganadora a la alemana Lena, como efectivamente ocurrió. Ya querría la demoscopia política alcanzar el grado de fiabilidad de la eurovisiva. Esto es muy serio, repito.

Internet ha dado nueva vida a Eurovisión y de paso se ha cargado de un plumazo las predicciones de la teoría de la comunicación que daban por apuntillado al festival, como unas décadas antes, con no mejor clarividencia, habían dado por finiquitada a la radio por efecto del auge de la televisión.
Una gala creada en 1956 y transmitida en directo a muchos países, en lo que entonces constituía un alarde tecnológico, no parecía tener muchos puntos de supervivencia en una sociedad global en la que cualquier evento, incluso doméstico, puede difundirse en línea al mundo.
Pues ha resultado ser al revés: la accesibilidad telemática no ha hecho más que engordar a la bestia.

Notas de urgencia a la edición de ayer.
El freakismo de convocatorias anteriores está en retirada.
Entre los artistas, abundaron los caballeros con traje oscuro y camisa blanca y las damas de tiros largos más o menos sobrios. Lena iba de corto y negro: existencialista. Igual marca tendencia.
En lo musical, ganan terreno las baladas lentas a lo Elton John frente a los ritmos más discotequeros. Lo étnico parece en franca retirada: apenas alguna perdida flauta celta y algún violín tzigane, sin duda tratando de emular el éxito de Alexander Rybak el año pasado.

Es la única Europa que funciona.
Una Europa en la que Grecia lanza sin complejos al resto una OPA (así se titulaba su canción: Opa), Francia canta "allez, olla, olé" y España se hace pequeñita ante el bochorno del salto de Jimmy Jump tocado con barretina.
Una Europa decididamente real en la que al final, como en el fútbol, gana Alemania.


Manuel
#579

lunes, mayo 10, 2010

Europa sin europeos

De todos los problemas que enfrenta Europa, y que tan magistralmente ha resumido el Grupo de Reflexión sobre el futuro de Europa que preside Felipe González en el informe presentado este pasado sábado, merece la pena detenerse en uno que quizá sea el más complejo de resolver: las proyecciones demográficas, sumadas a las políticas, dibujan ante nosotros una Europa sin europeos.

Pensar en cómo hacer una Europa sin europeos no es fácil.
Porque no se trata sólo de las proyecciones demográficas, aunque éstas sean elocuentes de por sí. En los últimos 50 años, la población europea se ha reducido a la mitad en términos relativos: si en 1960, uno de cada cinco habitantes del planeta era europeo, hoy sólo lo es uno de cada de 10. La Unión Europea a Veintisiete sólo representa hoy el 7,5% de la población del mundo, cuando en 1960 era el 14%. Y en los próximos 40 años su peso relativo se reducirá aún más, hasta llegar al 5% de la población mundial en 2050.
A menudo discutimos sobre si Turquía, con un 3% de su territorio en Europa, es o no europea.
Pero la discusión está ya zanjada, aunque en sentido inverso, pues dentro de tres o cuatro décadas, los mapas del mundo dibujarán a Europa como lo que siempre ha sido: una pequeña península de Asia.

Como el informe de Felipe González señala, no sólo seremos menos, sino más viejos.
Con una alta longevidad, que sigue aumentando, y una baja fertilidad, que no termina de despegar, las proyecciones señalan que la población en edad de trabajar se reducirá en 68 millones de personas, con lo que cada cuatro personas en edad de trabajar tendrán a su cargo a tres pensionistas. Recurrir a la inmigración para compensar ese déficit requeriría traer nada menos que 100 millones de personas de fuera (ya que no todos estarían en edad de trabajar).
La diversidad cultural está bien, pero lo cierto es que en 2050 se requerirán 190 millones de habitantes para estar entre los 10 Estados más poblados del mundo. La demografía es tozuda.

Sin embargo, los europeos se resisten a articular políticas de inmigración racionales: el último Eurobarómetro (número 72) nos dice que sólo uno de cada cinco europeos piensa que la contribución de los inmigrantes a nuestro Estado de bienestar (vía impuestos o rejuvenecimiento de la fuerza de trabajo) es más positiva que el coste de los servicios de salud y educación que utilizan.
De hecho, puestos a rechazar la inmigración, una mayoría de los europeos (46% contra 43%) ni siquiera es partidaria de seguir ampliando la Unión Europea dentro de las fronteras de Europa.
Y si quitamos de la muestra a los nuevos miembros, en la vieja Europa de los Quince un 52% está en contra de cualquier futura ampliación, frente a sólo un 38% a favor.
El futuro es una Europa pequeña, que piensa en pequeño.

Los europeos podrían compensar esa aversión a la inmigración con un sentido de identificación con Europa más intenso.
Los xenófobos podrían unirse para secuestrar la Unión Europea y hacer de ella un bastión nacional-populista contra el resto del mundo. Probablemente, incluso se terminarían por llevar bien con los otros nacional-populistas que pululan por el mundo.
Sin embargo, hoy por hoy, en todos los estudios, el mejor predictor de la actitud hacia Europa de un ciudadano es su actitud hacia la inmigración: cuanto más xenófobo, más antieuropeo.
Por tanto, debemos dar las gracias porque, en su miopía histórica, los populistas se conformen con anhelar minúsculas identidades nacionales en vías de extinción demográfica.

Después de más de 50 años de integración europea, siguen siendo una mayoría los que no se sienten identificados con Europa.
La ausencia de un demos europeo no sólo hace inviable la existencia de una democracia europea, sino que constituye un formidable obstáculo para la conversión de la UE en un actor global de primer orden capaz de pensar y enfrentar los desafíos que el Grupo de Reflexión de González nos plantea.
Europa es una república, una res pública, el espacio donde los europeos adquieren algunos derechos cívicos, políticos y económicos adicionales, pero no es una identidad. Como señala Fidel Sendagorta en Europa entre dos luces (Biblioteca Nueva 2007), "la Unión Europea sigue siendo un todo inferior a la suma de sus partes porque le falta el sentido de trascendencia necesario para jugarse la vida por ella".
Dicho en otras palabras, si Europa no es una nación, ni un Estado, ni una democracia, puede que algunos estén dispuestos a matar por ella, pero es dudoso que nadie quiera morir por ella.
Al contrario que Estados Unidos, que unió ciudadanos, Europa se hizo para unir Estados.
Y en manos de ellos estamos.
Europeos sin Europa, Europa sin europeos.

JOSÉ IGNACIO TORREBLANCA 10/05/2010

Manuel
#568